Personne ne tombe de Vaikuntha (Bhagavat Sandarbha, 51) – Partie 11

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Enseigner est tout un art. Un enseignant expert est celui qui éduque de telle manière que les étudiants embrassent l’enseignement comme le leur, sans confusion ni dégradation.

Suite du commentaire de Satyanarayana Das Babaji

Enseigner est tout un art. Un enseignant expert est celui qui éduque de telle manière que les étudiants embrassent l’enseignement comme le leur, sans confusion ni dégradation. Ignorant toute autre réalité que celle du monde matériel, les âmes conditionnées n’aspirent pas à s’en libérer, mais préfèrent plutôt chercher à être heureuses dans cette vie ou au mieux, dans quelque futur paradis. Pourtant, un enseignant imbu de compassion est amené à les aider à se soulager de leur identification matérielle. Ainsi y a-t-il un conflit d’intérêts apparent. Pour le surmonter, l’enseignant perspicace doit souvent concevoir une stratégie, tout comme les parents peuvent cacher des médicaments dans des bonbons pour inciter leur enfant malade à les prendre. Selon le Purva-mimamsa, cela s’appelle parisankhya-vidhi, ou l’utilisation d’une injonction pour atteindre un but différent du but apparent. Par conséquent, il n’est pas toujours facile de comprendre l’intention des écritures. Le sage Avirhotra le confirme :

« Les prescriptions, les interdictions et les transgressions des devoirs prescrits sont à connaître par les Védas et non seulement par ouï-dire. Comme les Védas sont la révélation directe de Dieu, même les devas sont confus au sujet de ces trois types d’actions. Les Védas parlent indirectement. La véritable signification de leur parole est de pousser quelqu’un à transcender le karma et ses fruits, mais il prescrit le karma à l’ignorant, tout comme on tente un enfant par des sucreries pour lui faire prendre un médicament amer ». (SB 11.3.43-44)

Le simple fait de citer des références shastriques ne permettra pas d’établir la vérité de manière concluante. Il est nécessaire d’analyser les écritures de façon approfondie et objective pour comprendre leur intention réelle, cette dernière étant cachée dans les hordes de recommandations pour une action fructueuse, et pour concilier les diverses contradictions apparentes. Il convient de résoudre de manière appropriée toutes les contradictions apparentes en comprenant correctement la force relative des diverses déclarations scripturaires. Toutes les déclarations scripturaires n’ont pas le même poids ou la même autorité, certaines peuvent l’emporter sur d’autres. Par exemple, la célèbre déclaration « le Seigneur Krishna, cependant, est Lui-même l’Absolu non-duel  personnel et complet » (kṛṣṇas tu bhagavān svayam, SB 1.3.28), est reconnue comme une « déclaration de l’empereur », ou un maha-vakya. Elle annule toutes les autres déclarations qui décrivent Krishna comme un avatara de quelqu’un d’autre. Cette déclaration n’est pas acceptée à la légère comme de la plus haute autorité, mais elle est établie comme telle conformément aux règles de logique acceptées. Cela sera démontré dans le Krishna Sandarbha.

Parmi les quatre chapitres du Vedanta-sutra, le premier est appelé samanvayadhyaya ou le chapitre sur la réconciliation, puisque le but est de concilier les nombreuses contradictions apparentes se trouvant dans les diverses Upanishads. Ainsi, la tradition d’utiliser le tarka, ou la logique appropriée, est bien établie et Shrila Jiva Gosvami l’a acceptée à juste titre comme un moyen d’établir la conclusion shastrique. L’important est que les conclusions tirées ne doivent pas contredire les écritures.

L’une des approches pour analyser une conclusion philosophique consiste à observer s’il existe une conformité entre les sadhus, les shastras et le guru. De ces trois, les shastras sont l’autorité suprême. En effet, sans les shastras, nous ne pouvons même pas connaître les véritables caractéristiques des deux autres. Le degré d’achèvement et de résonance de vérité ou de fausseté de tout enseignement, même ceux de divers avataras, peut être évalué exclusivement au moyen d’une vision approfondie et intercontextuelle de toutes les écritures. À titre d’exemple, c’est sur l’autorité des shastras que les enseignements du Seigneur Bouddha sont identifiés comme relevant strictement du non-théisme, même s’Il est considéré comme l’un des avataras de Vishnu (autrement dit, c’est presque avec une pointe d’ironie que Bouddha soit Dieu Lui-même qui enseignait qu’il n’y a pas de Dieu). En même temps, cependant, nous ne devons pas oublier que les shastras sont compris par l’intermédiaire du guru et du sadhu. Cela rend le processus un peu plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Sans recevoir d’instruction issue d’une parampara reconnue, on se perd facilement dans la jungle des écritures.

Nous avons vu les conclusions shastriques concernant le sujet à l’étude. Elles sont acceptées par toutes les autres sampradayas Vaishnava sans aucune contestation. Nos vaillants acaryas, tels que Shrila Jiva Gosvami, Shrila Vishvanatha Cakravarti Thakura et Shrila Baladeva Vidyabhushana, confirment ce point de vue et, de ce fait, les sadhus sont en accord sur cette conclusion. D’autre part, nous ne pouvons trouver aucune déclaration scripturaire et aucun commentaire d’un acarya précédent qui décrivent une chute du monde spirituel. Un sampradaya est fondé sur les conclusions de prasthana-trayi, autrement dit sur la shruti (Upanishads), la smriti (Bhagavad Gita) et le nyaya (Vedanta-sutra). Nous voyons que le prasthana-trayi ne soutient pas que le jiva puisse tomber du Vaikuntha. Dans la culture védique, chaque sampradaya autorisé établit sa siddhanta en se reposant sur le prasthana-trayi et toute conclusion incompatible avec cette norme est considérée comme une apasiddhanta, ou une opinion erronée.

À suivre

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