Le meilleur du Hitopadesha. Partie III : La bonne et la mauvaise compagnie

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Par Satyanarayana Das Babaji

Voici un extrait tiré du verset quarante-et-un du premier chapitre du Hitopadesha. Il s’agit de la dernière partie d’une série de trois articles.

« L’intelligence diminue en compagnie de personnes sans éducation, reste la même en compagnie d’égaux et croît en compagnie de personnes supérieurs ».

Élucidation

Avant d’analyser l’essence de cette déclaration, permettez-moi de jeter un peu de lumière sur la notion de l’éducation. L’expression « personnes sans éducation » ne renvoie pas nécessairement aux personnes ayant un faible niveau d’éducation formelle. Le terme « éducation » a été utilisé dans son sens le plus large. Le mot « éduqués » renvoie ainsi aux personnes caractérisées par une expérience riche, un apprentissage inégalé et une grande culture. Ce sont des personnes qui vivent pour accomplir les cinq buts de la vie : dharma (devoirs socio-religieux), artha (acquisition de richesses et de biens pour faciliter la vie), kama (plaisir) et moksha (libération). Au-dessus de ces quatre buts communs de l’accomplissement humain se trouve un cinquième but, qui est le prema ou le pur amour envers Dieu. Les « personnes sans éducation » n’ont aucune des qualités mentionnées plus haut.

Le miroir comme métaphore de l’homme

L’esprit d’une personne reflète l’influence des personnes qui l’entourent, tout comme un miroir qui reflète les objets se situant près de lui. Un miroir, cependant, n’acquiert pas les qualités des objets qu’il reflète, alors que l’esprit est influencé par les caractéristiques des personnes que nous fréquentons. Ainsi, l’on juge les gens sur leurs fréquentations. Il est indéniable qu’une personne soit en effet influencée par ces fréquentations, qu’elle soit un saint, un pécheur, un ascète ou un voleur. Une personne est comme un tissu qui absorbe la teinture dans laquelle il est trempé.

Dans l’épopée intitulé le Ramayana, Dvivida était un dévot du Seigneur Rama et il se battit contre l’armée du roi asurique Ravana, mais plus tard lui-même développa des qualités démoniaques en compagnie d’un autre asura, Narakasura. En conséquence, dans le Mahabharata, Dvivida fut tué par le Seigneur Balarama pour son comportement abominable. En revanche, Narada était le fils d’une servante et il devint un grand sage grâce en compagnie de personnes saintes.

Le miroir en tant que métaphore de l’esprit suggère que l’effet de nos fréquentations en est instantané, bien que les gens aient généralement du mal à croire qu’une pensée puisse exercer un effet presque instantané sur notre esprit. Cependant, les étudiants contemporains de la nature humaine savent que ce n’est pas une exagération du tout. Par exemple, après avoir étudié la nature humaine pendant plus de cinquante ans, le philosophe humaniste Erich Fromm a fait cette observation à propos d’individu aux mauvaises fréquentations :

« Les mauvaise fréquentations, d’un autre côté, ne sont pas seulement des fréquentations de personnes insignifiantes, mais aussi de personnes mauvaises, sadiques, destructrices et hostiles à la vie. Mais pourquoi, pourrait-on demander, y a-t-il un danger de fréquenter de mauvaises personnes, à moins qu’elles ne tentent de nous nuire d’une manière ou d’une autre ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de reconnaître une loi qui régit les relations humaines : il n’y a pas de contact entre deux êtres humains qui ne les affecterait pas. Il n’y a aucune rencontre entre deux personnes, aucune conversation entre elles, sauf peut-être la plus décontractée, qui ne laisse l’une ou l’autre inchangée, même si le changement peut être trop minime pour être reconnaissable, sauf par son effet cumulatif lorsque de telles réunions sont fréquentes ».

L’exception

Le livre intitulé le Hitopadesha lui-même est un recueil de bonnes instructions données par l’érudit Narayana Pandit aux fils idiots du roi Dhavalchandra pour les rendre dignes, une fois adultes, de diriger l’empire. Le roi fit donc preuve de sagesse en faisant en sorte que ses idiots restassent en compagnie de Narayana Pandit.

Le Hitopadesha

On pourrait soutenir que d’être en compagnie des fils du roi pourrait avoir une influence négative sur le brahmane érudit (personne avec l’intelligence la plus élevée). S’il est généralement vrai que la fréquentation influence les deux parties, il n’y a pas d’échange mutuel d’influence dans le cas de celui qui n’est pas faible, mais fort mentalement et fixé dans ses propres valeurs. Sinon, les saints ascétiques n’accorderaient jamais leur compagnie à des personnes matérialistes. Il faut donc comprendre que le brahmane érudit élèverait les princes ignorants, tandis que leur compagnie n’aurait aucun effet néfaste sur lui.

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