La psychologie védique. Partie 3 : les délires mégalomaniaque et érotomaniaque

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Ces exemples sont donnés uniquement pour des raisons pédagogiques afin d’éduquer le lecteur sur les caractéristiques des troubles délirants. Nous ne suggérons pas aux lecteurs d’utiliser ces connaissances pour « étiqueter » les autres comme ayant de tels troubles. Seul un thérapeute agréé peut poser un diagnostic avec certitude.

Ces exemples sont donnés uniquement pour des raisons pédagogiques afin d’éduquer le lecteur sur les caractéristiques des troubles délirants. Nous ne suggérons pas aux lecteurs d’utiliser ces connaissances pour « étiqueter » les autres comme ayant de tels troubles. Seul un thérapeute agréé peut poser un diagnostic avec certitude. Si les lecteurs pensent que quelqu’un a de telles caractéristiques, il leur est conseillé de porter leur propre jugement de manière prudente et peut-être de consulter un thérapeute agréé si nécessaire. La connaissance que nous fournissons ici n’est donnée que pour l’éducation des lecteurs eux-mêmes, leur introspection et leur auto-protection. Il ne faut voir ici aucune similitude ou désignation, décrites de manière explicite ou implicite, avec un individu ou une organisation quelconque.

Dans le dernier article, nous avons donné des exemples du délire de persécution et du délire référentiel. Le troisième, et probablement le délire le plus courant dans les communautés spirituelles, est appelé le délire mégalomaniaque.

Le délire mégalomaniaque

Le délire mégalomaniaque se produit lorsque « le sujet croit qu’il a un talent ou une perspicacité exceptionnels, ou a fait une découverte importante, ou a une relation spéciale avec une personne éminente, ou qu’il est lui-même une personne éminente. Les délires mégalomaniaques peuvent avoir un contenu religieux et le sujet peut se croire habilité en tant que sauveur de l’humanité ».

Il est probablement plus difficile de reconnaître le délire mégalomaniaque car le sujet a souvent un talent extraordinaire, en particulier en lien avec sa capacité de parler de sujets spirituels et/ou de ses propres expériences. Il peut expliquer l’évènement le plus ordinaire d’une manière hautement ésotérique et mystique qui captive facilement le chercheur spirituel moyen. Une telle personne est très charismatique et peut également faire des austérités impressionnantes avec un esprit bien fixé.

J’avais un frère en Dieu nommé Mahesh Bhattacarya bien éduqué et issu d’une famille de prêtres de la région de Calcutta. Lorsqu’il entra en contact avec moi pour la première fois, il faisait son doctorat sur la théorie du rasa et il venait me poser des questions à ce sujet. Je fus très impressionné par ses connaissances et sa capacité à s’exprimer clairement. Il aimait parler sans arrêt et ce qu’il disait avait beaucoup de sens. Ce n’était pas juste des potins ordinaires. Cependant, je remarquai qu’il était arrogant. Une fois, il se disputa avec moi sur un point très simple et ne céda pas, même si mes explications étaient fondées sur le shastra. La dispute devint si intense que je dus lui demander de quitter ma chambre et de ne jamais revenir. Mais après un certain temps, il revint demander pardon et recommença à assister à mes cours. Bien que j’eusse beaucoup de respect envers lui, je me rendis compte qu’il était très égoïste et qu’il avait une très haute estime de soi. À plusieurs reprises, il se félicitait de la manière dont il était capable d’influencer les gens à chaque fois qu’il parlait ainsi que de la manière dont les gens venaient toucher ses pieds.

Il étudiait le Purva-mimamsa auprès d’un guru très connu dans la ville et avait l’habitude de me dire qu’il était le seul à avoir compris la matière enseignée. Il donnait souvent des exemples de personnes riches qui étaient impressionnées par lui, y compris son propre père et ses proches. À cette époque-là, l’un des ministres du gouvernement central de l’Inde était ami avec son père et ce dernier arrangea une rencontre entre eux. Mahesh m’expliqua avec force détails comment lors de leur discussion sur la philosophie, le ministre était tellement impressionné par lui qu’il se mit à le glorifier et lui offrit de l’aide pour accomplir sa mission. Il avait plusieurs histoires semblables sur ses rencontres avec des personnalités célèbres et sur la manière dont elles étaient tellement impressionnées par lui qu’elles se prosternaient à ses pieds.   

Chaque fois qu’il venait visiter Vrindavana, principalement pour faire des recherches sur sa thèse de doctorat, il restait avec moi et nous assistions ensemble aux cours de mon Guru Maharaja. En revenant à mon institut, il partageait ses impressions du cours. Ses réflexions étaient très intéressantes et impressionnantes. Il se vantait d’être destiné à devenir un grand acarya. Cependant, il continuait d’être respectueux envers moi. Or, quelques années plus tard son comportement changea drastiquement et il commença à s’attendre à ce que je lui témoignasse du respect. Un jour, il vint me voir pour me dire que je ne pourrais jamais devenir un guru et que c’était lui qui serait le successeur de Guru Maharaja. Je lui demandai pourquoi il me le disait, étant donné que je n’avais jamais dit vouloir être le successeur de notre guru. Mahesh imagina que j’étais son concurrent et il se sentit obligé de me dire que je n’avais aucune chance d’obtenir ce à quoi je n’aspirais même pas !

Être convaincu qu’il serait le successeur de Guru Maharaja n’était pas suffisant pour le trouble délirant de Mahesh car ses rêves étaient plus grands encore. Un jour, tout en se glorifiant, il me révéla qu’il était celui qui, selon Nostradamus, serait le prochain acarya du monde entier. Il semble que dans les prédictions de Nostradamus, il soit mentionné quelque part qu’un enseignant mondial apparaîtrait dans le pays dont Mahesh est originaire. Mégalomane sans aucun doute, Mahesh interpréta cette prédiction comme le concernant. Il dit que le temps viendrait où il serait invité à l’ouest pour enseigner son message. Plus précisément, il rêvait de devenir un professeur célèbre aux États-Unis. Il disait qu’il y atterrirait et tiendrait des discours, et que de grands érudits l’écouteraient avec admiration et révérence et qu’ils l’adoreraient. Il se vantait en disant qu’il se préparait pour ce jour particulier.

L’une de ses caractéristiques était qu’il avait toujours un plan grandiose sur sa conquête du monde, mais son modus operandi ne cessait de changer sur la manière dont il allait le réaliser. Il parlait des centaines de centres qu’il allait ouvrir et des milliers d’adeptes qui allaient le suivre. Il disait qu’il était l’élu. Je l’écoutais avec amusement et étonnement à la fois car ses histoires changeaient constamment. À chaque fois qu’il venait, il avait un autre plan grandiose. Au début, j’avais une certaine foi dans ce qu’il disait, mais ensuite je réalisai qu’il ne faisait qu’imaginer ces grands projets, dont aucun ne se réalisait. Il oubliait même quel était son dernier plan.

Peu à peu, il devint désenchanté par Guru Maharaja et fonda sa propre organisation. Ce qui est intéressant, c’est qu’il connaissait plutôt bien la philosophie. Il était très éloquent et il avait également un bon tempérament. Aussi était-il difficile pour quiconque de se rendre compte de son trouble délirant. Il pouvait vous impressionner dès la première rencontre car il aimait parler et croyait dans ce qu’il racontait. Et personne ne voyait de dichotomie entre ses paroles et son comportement. Mais si quelqu’un vivait avec lui pendant un certain temps, il commençait à réaliser qu’il était dans l’illusion quant à sa personnalité et ses capacités. Il continuait à répéter la même chose encore et encore et ne faisait pas grand-chose pour réaliser ses plans. De manière générale, les personnes qui l’écoutaient et qui furent influencées par lui devinrent ses disciples ou lui firent des dons. Son point fort était le langage désinvolte qui impressionnait quiconque le rencontrait pour la première fois. Sans le côtoyer de manière assidue, beaucoup de personnes restaient impressionnées par lui.

Le commentaire de Joshika. Une personne qui souffre du délire mégalomaniaque peut laisser une trace de destruction dans sa vie et dans la vie des autres. La plupart des chercheurs spirituels souffrent dans la vie matérielle et viennent dans la vie spirituelle à la recherche de la vérité. Cherchant sincèrement des réponses à leurs questions dans le bhakti-yoga, ils s’ouvrent pour apprendre des maîtres. Mais comment savent-ils à qui faire confiance ? Qui est un vrai maître ? Souvent, ce qui semble attrayant au début est tout le contraire de ce que l’on devrait rechercher. C’est un grand tour de maya. Cependant, même si nous le savons, comment pouvons-nous appliquer cette connaissance de manière concrète ? Des personnes comme Mahesh courtisent les chercheurs qui ont de bonnes intentions et un cœur innocent. Leurs mots semblent si convaincants et nous pouvons facilement être emportés par les vagues de leur « béatitude » délirante. Par conséquent, nous nous retrouvons plus loin de Krishna que lorsque nous avons commencé notre recherche. L’on pourrait se retrouver avec un bonhomme sur un âne agissant comme un âne au milieu du désert en Israël, comme en témoigne l’histoire décrite dans notre article précédent. Nous finissons par nous sentir perdus, confus, frustrés, abattus et peut-être même serions susceptibles d’abandonner le chemin de la bhakti. De ce fait, il est très important de faire preuve de prudence afin de ne pas se laisser emporter par un chef spirituel atteint du délire mégalomaniaque, malgré le caractère fascinant de ses paroles. Il y a certaines manières de savoir si la personne est dans un délire mégalomaniaque. L’une d’elles est d’observer la personne en question pendant un certain temps : elle évoquera des plans qui sembleront magiques ou trop exagérés et elle parlera d’elle-même comme si elle était Dieu Lui-même. Surveillez attentivement si elle donne suite à ses projets. Remarquez si elle présente un comportement étrange dépourvu de sens. Vérifiez avec qui cette personne a étudié. Regardez si elle est humble et respectueuse envers son guru, ou si elle essaie de rivaliser avec lui se croyant meilleure que lui et essayant même de conquérir ses disciples. Enfin, faites confiance à votre intuition. Si vous vous sentez déséquilibré et instable après une interaction avec cette personne, alors prenez du recul et faites une introspection pour savoir si elle est vraiment un véritable maître que vous devriez suivre.

Le délire érotomaniaque

Je me souviens de l’histoire d’une dévote qui était amoureuse d’un célèbre guru à l’époque où je venais de joindre l’ISKCON à Detroit. Elle pensait que ce sannyasi était aussi amoureux d’elle, bien qu’il n’y eût aucune vérité là-dedans. Le guru se rendait dans différents temples d’ISKCON et cette dame le traquait. Lorsque le guru s’en rendit compte, il ne savait pas quoi faire ni comment se débarrasser d’elle. Une fois alors qu’il était en visite au temple de Détroit, la dame l’y également suivit. Elle essayait de savoir quelle était la prochaine destination afin de pouvoir également réserver son billet d’avion sur le même vol. Il était vraiment importuné par son harcèlement. Alors il demanda à deux dévots aînés du temple de l’aider. Ces dévots firent un plan. En passant devant cette dévote, ils firent semblant de discuter à haute voix du départ du guru afin qu’elle les entendît et envisageât de se rendre dans la même ville. Le plan était de dire qu’il prenait l’avion pour Chicago, alors qu’en réalité il prenait un vol pour New York. C’est ainsi qu’ils la trompèrent et aidèrent le guru à échapper à son amour obsessionnel. Je ne connais pas la fin de l’histoire, mais je me souviens très bien de cette partie.

L’amour obsessionnel est un phénomène courant entre une femme disciple et le guru. Ce phénomène a un nom : le délire érotomaniaque défini comme suit : « ce sous-type s’applique lorsque le thème central des idées délirantes est qu’une personne, généralement de statut supérieur, est amoureuse du sujet. De tels individus sont obsédés par la personne qui est, selon eux, amoureuse d’elle et ils peuvent la harceler » (L’APA).

J’avais observé un cas très grave d’une dévote souffrant de ce trouble délirant qui vivait dans mon ashrama et qui pensait que son guru était amoureux d’elle. Elle était tellement convaincue de l’amour de son guru qu’elle abandonna son mari et ses trois filles et déménagea d’Italie à Vrindavana. Elle parlait toujours de la manière dont son guru l’aimait et de la manière dont elle aurait un enfant avec lui, même si le guru n’avait aucune liaison avec elle. Elle vit son guru quelques fois et ne vécut jamais dans son ashrama, ni ne lui rendit de service personnel. Sa conviction était si forte que même lorsque le guru lui-même lui dit qu’il n’était pas amoureux d’elle, lui demanda de retourner dans sa famille et lui interdit de jamais revenir le voir, elle n’accepta pas son instruction. Au lieu de comprendre le vrai sens de ses mots, même s’ils étaient directs et complètement clairs pour tout le monde, elle déforma leur sens pour qu’il correspondît à son délire. Elle dit que le guru faisait de telles déclarations pour que son mari ne se fâchât pas contre lui, mais que secrètement, le guru était amoureux d’elle et lui envoyait même des messages secrets. Elle n’offrait aucun service à son guru et disait qu’il n’y avait aucun besoin de pratique spirituelle car l’amour pour le guru était la perfection de la vie et que rien d’autre n’était nécessaire. Elle avait aussi des hallucinations car elle racontait comment le guru lui rendait visite dans sa chambre. Elle disait que son guru avait des pouvoirs magiques et qu’il pouvait se manifester pour lui transmettre des messages, que personne d’autre ne pouvait le voir. Elle répondait à ses « messages », comme par exemple laisser ses jeunes filles seules à la maison et déménager à Vrindavana. Cependant, lorsque son mari et d’autres proches demandèrent au guru s’il lui envoyait de tels messages, sa réponse fut négative. Il l’appela même et lui dit directement qu’elle avait un problème mental et qu’elle avait besoin de consulter un psychiatre. Elle en rit en disant : « Oh mon guru, il m’aime tellement qu’il doit faire un spectacle et se mettre en colère pour cacher notre amour à mon mari. Il joue comme s’il était un gars dur pour protéger notre amour, mais je connais son cœur et je ne suis pas perturbée par ce qu’il dit ».

C’est ainsi que se déroule la vie des personnes dans le délire. Vous ne pouvez changer leur conviction par aucun argument, même si le guru leur ordonne directement d’aller voir un psychiatre. Une personne en plein délire trouvera des arguments rationnels pour prouver que le guru a tort et qu’elle a raison afin de continuer à vivre dans son propre monde. Quel que soit l’argument donné, de tels individus l’interpréteront pour soutenir leur croyance délirante.

Le commentaire de Joshika. L’érotomanie peut devenir dangereuse lorsque la personne commence à agir sur ce qu’elle perçoit comme des messages venant de la personne qu’elle croit être amoureuse d’elle. Ce trouble peut également devenir dangereux car les individus qui en souffrent peuvent tenter de blesser ou de tuer les personnes qu’elles perçoivent comme faisant obstacle à leur relation avec l’objet de leur affection. Cela a été démontré dans des films hollywoodiens célèbres comme Liaison fatale.

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  • Satyanarayana Dasa

    Satyanarayana Dasa
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    Many of the actions we do in our life to get the feeling of superiority. Introspect and try to see this subtle truth. It is not the guru’s job to point it out to you, even if he sees it. It is your job to see it and take responsibility for it yourself.

    — Babaji Satyanarayana Dasa
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