L’influence des offenses – Partie 5

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Nous allons maintenant examiner la troisième conséquence de l’aparadha, à savoir l’absorption dans d’autres objets qui érodent la confiance en Bhagavan (bhagavan-niṣṭhā-cyāvaka-vastv-antarābhiniveśaḥ).

Traduction de l’annucheda 157

Les offenses font d’une personne un matérialiste

Nous allons maintenant examiner la troisième conséquence de l’aparadha, à savoir l’absorption dans d’autres objets qui érodent la confiance en Bhagavan (bhagavan-niṣṭhā-cyāvaka-vastv-antarābhiniveśaḥ). Cela est démontré dans l’énoncé suivant de Shri Shuka : 

« De cette manière, son cœur était agité par des rêveries irréalisables [relatives au faon]. À cause de son prarabdha-karma qui lui est venu sous la forme d’un petit cerf, ce yogi ascétique est tombé de sa pratique du yoga et de l’adoration de Bhagavan ». (SB 5.8.26)

Dans ce verset, le pronom « sah », « il », fait référence au roi Bharata. Il est à noter que généralement le prarabdha-karma ne peut pas être un obstacle à la bhakti car il est plus faible. De ce fait, le prarabdha-karma dont il est question ici doit être compris comme le résultat d’une offense passée, comme dans le cas du roi Indradyumna et d’autres.

Commentaire de Satyanaranaya Dasa

Dans cet anuccheda, Shri Jiva Gosvami illustre par un exemple la manière dont une offense peut amener quelqu’un à s’absorber dans des objets autres que Bhagavan et à abandonner la pratique de la bhakti. Bharata, le fils aîné de Bhagavan Rishabhadeva, était un grand roi et un dévot. Il renonça à son royaume en tant que jeune homme et se retira dans l’Himalaya pour se vouer à la bhakti. Pendant qu’il vivait sur la rive de la rivière Gandaki, il était absorbé dans le culte de shalagram et la méditation sur Bhagavan. Un jour, alors qu’il se rendait à la rivière pour se baigner, il vit une biche enceinte boire de l’eau. À ce moment-là, un lion vint là et rugit bruyamment. La biche eut peur et pour se sauver, elle sauta de l’autre côté de la rivière. La rivière n’étant pas très large dans cette chaîne de montagnes, dans la panique elle fit une fausse couche et son bébé tomba dans la rivière. Lorsque le lion frustré fut parti, le roi sauva le faon et l’amena à son ashrama. Il en prit soin et au fur et à mesure que le faon grandissait, le roi s’y attacha beaucoup. Le roi qui avait auparavant renoncé à sa chère famille était depuis lors totalement absorbé dans les pensées sur le faon. Il oublia la pratique d’adoration et sa méditation. Après tout, nous n’avons qu’un seul esprit et il ne peut pas être attaché au monde et à Bhagavan en même temps.

Bien que le texte dise que cela s’est produit à cause d’un fort karma passé, Shri Jiva Gosvami commente que le karma n’a pas le pouvoir d’obscurcir la bhakti. Ce qui est arrivé au roi était la conséquence d’une offense passée. L’offense a obscurci la bhakti et le roi s’est complètement absorbé dans les pensées sur le cerf. Un exemple d’une pareille offense se trouve dans l’histoire du roi Indradyumna. Le roi Indradyumna a offensé le sage Agastya et il est né, de ce fait, comme un éléphant. En tant qu’éléphant, il a oublié la bhakti et s’est absorbé dans les plaisirs matériels.

Le sens implicite est que si la personne perd tout intérêt pour la bhakti et qu’elle devient attirée par les objets matériels, les relations, le pouvoir ou la position, alors il faut savoir avec certitude que c’est le résultat d’une offense passée ou présente, ou des deux.

Ici, on peut soulever un doute : qu’est-ce que Bharata a fait de mal ? N’était-il pas convenable de sa part de faire preuve de compassion envers un faon qui se noie ? L’acte de sauver et de prendre soin du faon n’était pas mauvais, mais s’y absorber totalement était une erreur. Bharata se considérait comme le sauveur et le protecteur unique du faon, oubliant que le sauveur ultime est Bhagavan et que lui-même il n’était qu’un instrument dans Ses mains. Ainsi, le défaut était de se considérer comme un être miséricordieux indépendant de Bhagavan.

Traduction de l’annucheda 158

Bhagavan peut créer des obstacles pour son dévot afin d’augmenter sa bhakti

Certaines personnes sont d’avis que Bhagavan intensifie personnellement le prarabdha-karma ordinaire de tels dévots uniquement pour augmenter leur désir de L’atteindre. En réalité, le Shrimad Bhagavatam décrit l’intensification du désir de Bharata d’atteindre Bhagavan dans sa prochaine vie de cerf. Un autre exemple de cela se trouve dans la vie passée de Shri Narada Muni, alors jeune fils d’une servante. Bien qu’il ait atteint l’état de rati, ou amour pour Bhagavan, Bhagavan a conservé en lui une trace de désir matériel pour amplifier ses efforts de L’atteindre. Bhagavan a ainsi poussé le garçon en prononçant les mots suivants :

« Mon cher garçon, dans cette vie tu n’es pas apte à Me revoir car Je ne peux pas être vu par des yogis imparfaits dont les impuretés du cœur n’ont pas totalement disparu ». (SB 1.6.22)

Le sens de cet énoncé est clair.

Commentaire de Satyanaranaya Dasa

Shri Jiva Gosvami n’est pas satisfait de l’explication donnée dans l’anuccheda précédent. Bharata était situé à un niveau de bhakti très élevé, le texte 5.8.12 décrit qu’il manifestait même des symptômes d’amour pendant qu’il s’adonnait à la bhakti. Il est difficile de croire qu’une offense passée puisse neutraliser la bhakti. De plus, il a été dit plus tôt que tant qu’une personne a des conséquences d’offenses, elle ne pourra pas manifester de tels symptômes. Par conséquent, Shri Jiva Gosvami dit que l’attachement de Bharata au faon n’est autre que la volonté de Bhagavan. En d’autres termes, c’est Bhagavan qui a attiré l’esprit de Bharata sous la forme d’un faon. Quoi d’autre pourrait-il attirer son esprit ? Bhagavan l’a fait pour renforcer le désir de Bharata de L’atteindre.

À cette fin, parfois Bhagavan couvre la conscience d’un dévot. Cela est arrivé au roi Parikshit. S’étant senti négligé, il mit un serpent mort sur l’épaule d’un sage se trouvant dans un état de méditation. Lorsque le roi fut ensuite maudit à mourir au bout de sept jours, il abandonna son royaume et écouta le Srimad Bhagavatam pendant sept jours sans rien manger ni boire. Le même roi qui se fâcha contre le sage en méditation simplement parce qu’il ne pouvait obtenir de lui un peu d’eau pouvait alors s’en passer pendant sept jours. Par conséquent, sa soif est décrite comme sans précédent (abhuta-purva, SB 1.18.29) car elle s’est manifestée par la volonté de Bhagavan.

Shri Jiva Gosvami donne l’exemple de Narada Muni dans sa vie précédente. Narada était un garçon lorsqu’il devint un dévot grâce aux bénédictions des maha-bhagavatas qui étaient venus séjourner dans la maison d’un brahmana dont sa mère était servante. Après que sa mère eut été tuée par une morsure de serpent, Narada quitta la maison et se rendit dans une forêt au nord où il médita sur Bhagavan comme cela lui avait été enseigné. Après un certain temps, il eut une vision de Bhagavan, mais peu de temps après, la vision disparut. Narada devint impatient de revoir Bhagavan, mais il n’entendit que la voix du ciel sous la forme du verset sus-cité. Narada avait déjà atteint le rati et il n’y avait aucune impureté dans son cœur. Pourtant, Bhagavan lui inspira le sentiment d’être encore sujet aux désirs matériels, à cause desquels il ne pouvait pas Le voir. Cela permit à Narada de s’absorber dans la méditation de manière plus intense. Krishna a Lui-même révélé ce principe aux gopis :

« Ô mes amis, [parfois] Je ne réponds même pas à l’amour des dévots qui M’aiment. Je me comporte de cette manière pour qu’ils puissent s’absorber pleinement dans leurs pensées sur Moi, tout comme une personne qui perd un trésor après l’avoir trouvé devient de plus en plus absorbée dans les pensées sur la richesse et ne veut connaître rien d’autre ». (SB 10.32.20)

Bhagavan a appliqué ce principe au roi Bharata. Cela est confirmé par l’absorption du roi Bharata dans sa prochaine naissance en tant que cerf ainsi que dans sa troisième naissance en tant que Jada Bharata.

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