
Il y eut plusieurs questions dans la section des commentaires de l’interview de Babaji accordée à Namarasa Prabhu et publiée sur YouTube. Vous trouverez ci-dessous les réponses de Babaji à certaines d’entre elles.
Il y eut plusieurs questions dans la section des commentaires de l’interview de Babaji accordée à Namarasa Prabhu et publiée sur YouTube. Vous trouverez ci-dessous les réponses de Babaji à certaines d’entre elles.
Question : Si même un kaniṣṭha-adhikārī ne peut déchoir, pourquoi observe-t-on des étapes telles que viṣaya-saṅgara, etc., telles qu’elles sont décrites dans le Mādhurya-kādambinī, entre le bhajana-kriyā et l’anartha-nivṛtti ? À ces stades, il semble possible de déchoir puis de se relever.
Réponse : L’étape de viṣaya-saṅgara, dans le cadre de l’anartha-nivṛtti, ne signifie pas « déchoir ». Elle désigne le fait de lutter contre les objets des sens. Śrī Viśvanātha Cakravartī explique que, parfois, le dévot remporte la bataille et parfois il la perd. Mais il ne dit pas que le dévot déchoit de la bhakti puis s’en relève, comme vous semblez le comprendre.
Déchoir signifie quitter la voie de la bhakti et devenir matérialiste. Si vous conduisez sur une route et que vous n’êtes pas un bon conducteur, il peut vous arriver de conduire de manière incorrecte. Tant que vous restez sur la route, votre trajet continue. Mais si vous quittez la route et vous absorbez dans autre chose, votre voyage s’interrompt. C’est cela que l’on appelle une chute.
Question : En ce qui concerne la chute du jeune Haridāsa, s’est-il engagé dans la jouissance des sens ? A-t-il abandonné la voie de la bhakti pour devenir matérialiste ?
Réponse : Le Caitanya-caritāmṛta décrit la chute du jeune Haridāsa. Nos ācāryas expliquent que Śrī Caitanya utilisa Son compagnon éternel afin d’avertir les sannyāsīs engagés sur la voie de la bhakti de ne pas fréquenter intimement les femmes. Le jeune Haridāsa est un compagnon éternel de Śrī Caitanya et, de ce fait, ne peut pas déchoir.
Question : Kṛṣṇa déclare que même si Son dévot commet l’acte le plus abominable, s’il est engagé dans le service de dévotion, il doit être considéré comme saint, car il est correctement établi dans sa détermination (Gītā 9.30). Cela signifie que, même si la chute est temporaire, il s’agit malgré tout d’une chute. Comment pouvez-vous alors affirmer qu’il n’y a pas de chute dans la bhakti ?
Réponse : J’ai dit qu’un dévot ne déchoit jamais, à moins de commettre une offense. Même un dévot néophyte ne déchoit pas. À cet égard, il convient d’étudier l’enseignement que Śrī Kṛṣṇa adresse à Arjuna (Gītā 9.30–31) :
api cet su-durācāro bhajate mām ananya-bhāk
sādhur eva sa mantavyaḥ samyag vyavasito hi saḥ« Même si une personne au comportement très répréhensible M’adore avec une dévotion exclusive, elle doit néanmoins être considérée comme sainte, car elle est correctement établie dans sa résolution ».
kṣipraṁ bhavati dharmātmā śaśvac-chāntiṁ nigacchati
kaunteya pratijānīhi na me bhaktaḥ praṇaśyati« Très rapidement, elle devient vertueuse et atteint la sérénité éternelle. Ô fils de Kuntī, proclame-le avec assurance : jamais Mon dévot ne périt ».
Ici, Kṛṣṇa ne considère même pas une personne su-durācāra (au comportement répréhensible ou immoral) comme déchue, dès lors qu’elle est engagée dans une dévotion exclusive (ananya-bhāk) et fermement résolue à demeurer sur la voie de la dévotion (samyag vyavasita). Bien au contraire, Il interdit catégoriquement de concevoir une telle personne comme déchue.
Le mot indéclinable eva (« exclusivement », « uniquement ») employé au verset 9.30 interdit également de penser simultanément une telle personne comme « déchue » et comme « dévot ». Le terme eva est ici utilisé au sens d’anya-yoga-vyavaccheda, c’est-à-dire « à l’exclusion de toute autre possibilité ».
Si cela n’était pas suffisamment explicite, Śrī Kṛṣṇa enjoint Arjuna de proclamer que Son dévot ne déchoit jamais. Le dévot auquel Il se réfère n’est pas un siddha-bhakta, mais bien celui décrit dans le verset précédent.
De plus, dans le Bhāgavata Purāṇa, il est affirmé que même un dévot débutant n’est pas submergé par les objets des sens, bien que son attention puisse parfois être détournée de Bhagavān :
bādhyamāno’pi mad-bhakto viṣayair ajitendriyaḥ
prāyaḥ pragalbhayā bhaktyā viṣayair nābhibhūyate
« Bien qu’encore attiré par les objets des sens, un de Mes dévots qui n’a pas encore atteint la maîtrise des sens n’est généralement pas dominé par ceux-ci, en raison de la puissance intrinsèque de la bhakti » (SB 11.14.18).
Ce verset met en lumière la puissance de la bhakti.
Je n’ai rien affirmé de différent dans mon entretien. J’ai toutefois précisé qu’un dévot ne peut déchoir qu’en raison d’offenses. Or, si même un dévot néophyte ne peut déchoir de la voie de la bhakti, comment expliquer la chute de Bharata Mahārāja, qui, du niveau de bhāva, fut entraîné par son attachement envers un faon ?
Cet épisode est rapporté dans le Bhāgavata, que Jīva Gosvāmī désigne comme le « roi de toutes les preuves ». Cette chute peut relever de la līlā de Bhagavān ; néanmoins, le point doctrinal demeure. À travers cette līlā, Bhagavān instruit les pratiquants engagés sur la voie de la bhakti quant à ce qui peut se produire même au stade de bhāva.
La chute dite « apparente » du roi Bharata est ainsi expliquée par Jīva Gosvāmī, dans le Bhakti-sandarbha (anuccheda 157), comme la conséquence d’une offense commise dans une vie antérieure. Viśvanātha Cakravartī, quant à lui, explique cet épisode comme une grâce particulière de Kṛṣṇa, destinée à intensifier chez le roi son désir d’atteindre Kṛṣṇa.
Question : Dans le Śikṣāṣṭaka (5), il est dit : patitaṁ māṁ viṣame bhavāmbudhau – « Je suis tombé dans l’océan de la naissance et de la mort ». Pourquoi Mahāprabhu n’a-t-Il pas affirmé que nous avons toujours été pris, depuis toute éternité et sans faute de notre part, dans le cycle des naissances et des morts, si telle est effectivement la réalité ? Vous soutenez que l’âme n’est pas tombée dans le monde matériel depuis Vaikuṇṭha, mais Mahāprabhu déclare pourtant que l’âme est tombée.
Réponse : Le défaut de cet argument consiste en la supposition selon laquelle l’état déchu succéderait nécessairement à un état non déchu. Or, les âmes conditionnées sont anādi-patitas, c’est-à-dire déchues sans commencement. L’adjectif anādi n’est pas toujours explicitement employé, mais il est implicitement présupposé.
Ainsi, le jīva est parfois qualifié de nitya-baddha ou d’anādi-baddha, et parfois simplement de baddha ou de patita. Lorsqu’il est désigné comme baddha, il est entendu qu’il est nitya ou anādi-baddha. De même, patita signifie nitya ou anādi-patita. Si la condition déchue d’un être est sans commencement (anādi), conformément à l’enseignement des śāstras, alors cet être doit nécessairement être qualifié de patita, « déchu », puisqu’il n’existe pas d’autre terme pour décrire cet état.
Être déchu a été et demeure la condition perpétuelle du jīva conditionné jusqu’à ce qu’il atteigne la perfection dans le service de dévotion. Cet état de déchéance n’implique en aucune manière l’existence d’un état antérieurement élevé, tel qu’un séjour préalable à Vaikuṇṭha avant une supposée « chute ».
Un exemple éclairant de la possibilité d’un état déchu sans élévation préalable est celui de l’enfer, qui est par définition un lieu déchu. Personne ne soutient que l’enfer aurait d’abord été élevé avant de devenir déchu. Être déchu est la condition perpétuelle de l’enfer : il est déchu, l’a toujours été et le sera toujours.Ainsi, l’enfer est nitya-patita. De la même manière, l’état de déchéance constitue le statut perpétuel des êtres conditionnés, dont la condition déchue et conditionnée est décrite dans les śāstras comme anādi, c’est-à-dire sans commencement.
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